"L'important, ce n'est pas de savoir si la réincarnation existe mais de réaliser l'accomplissement dans le présent même". Krishnamurti

lundi 14 janvier 2008

QUELQUES RÉFLEXIONS DE KRISHNAMURTI


Quelques passages du précieux " livre de la méditation et de la vie", un petit recueil que je conseillerais d'avoir toujours à portée de main, histoire de remettre les pendules à l'heure.





"Lorsque nous donnons un nom à une chose que nous voyons, que nous sentons ou qui fait pour nous l'objet d'une expérience, le mot prend une importance extraordinaire. toute pensée est un processus de mise en mots, c'est en mots que nous pensons. L'esprit peut-il se libérer des mots?... Interrogez-vous vous même et voyez à quel point vous êtes esclaves de mots tels que l'Inde, communisme, chrétien, Russe, Américain, Anglais, ou caste inférieure ou supérieure à la votre. Le mot "amour", le mot "dieu", le mot "méditation" - quelle importance extraordinaire nous avons donné à ces mots, et combien nous en sommes esclaves!..."


"Il peut se faire que vous soyez superficiellement d'accord lorsque vous entendez dire que le nationalisme, avec tout son impact émotionnel et les intérêts qu'il défend, mène à l'exploitation et à l'opposition des hommes entre eux; mais délivrer réellement votre esprit de la petitesse du nationalisme est une toute autre affaire. Se libérer non seulement du nationalisme, mais aussi de toutes les conclusions des religions établies et des systèmes politiques en place, est une chose essentielle si l'on veut avoir un esprit jeune, frais, innocent, autrement dit en état de révolution; et cet esprit là est le seul à pouvoir créer un nouveau monde ; contrairement aux politiciens, qui sont morts, et aux prêtres, empêtrés dans leurs propres systèmes religieux..."


"Nous aimons généralement exploiter et être exploité et ce système en donne les moyens, qu'ils soient secrets ou qu'ils s'étalent au grand jour. Exploiter c'est être exploité. Le désir d'utiliser les autres pour ses propres fins psychologiques mène à la dépendance, et lorsque vous dépendez, vous devez posséder, détenir ; et ce que vous possédez vous possède."


"Nous n'avons pas besoin d'un acte de foi pour croire en l'existence du soleil, des montagnes, des rivières, ni pour voir la réalité de nos querelles conjugales - ni pour savoir que la vie est une horrible souffrance, avec ses angoisses, ses conflits, son ambition incessante : c'est un fait. Mais nous revendiquons une croyance lorsque nous voulons fuir les faits pour plonger dans l'irréalité."


"Ce qui est éternel ne peut faire l'objet d'aucune quête ; l'esprit ne peut l'acquérir. Il survient lorsque l'esprit est silencieux et tranquille, et il ne peut l'être que s'il est simple, s'il a cessé d'emmagasiner, de condamner, de juger, de peser. L'esprit qui analyse, qui calcule, n'est pas un esprit simple."


"Toute relation fondée sur des besoins réciproques n'aboutit qu'au conflit. Quelle que soit notre interdépendance, nous nous utilisons réciproquement en vue de certaines fins, de certains buts."


"Notre pensée part toujours de notre centre pour aller vers la périphérie, mais pour la plupart d'entre nous, c'est la périphérie qui constitue notre centre, donc tout ce que nous touchons est superficiel. Or la vie n'est pas superficielle; elle exige d'être vécue complètement, mais parce que nous ne vivons que d'une manière superficielle, nous ne connaissons que des réactions superficielles..."


"Nous passons presque toute notre vie dans l'effort et le conflit ; et ces efforts, ces luttes, ces combats sont un gaspillage d'énergie. Tout au long de l'époque historique de l'humanité, l'homme a affirmé que pour découvrir la réalité de Dieu , le célibat était indispensable...Céder aux instincts est un gaspillage d'énergie. Mais le refoulement occasionne un gâchis nettement plus important. L'effort qu'on fait pour refouler, dominer, nier son désir déforme l'esprit, et cette distortion de l'esprit entraîne un certain sentiment d'austérité qui devient finalement de la dureté..."


"Un intellect bien brodé n'est pas un gage d'intelligence. L'intelligence, en réalité, apparaît lorsqu'on agit en parfait état d'harmonie, tant au niveau intellectuel que émotionnel. Il y a une énorme différence entre l'intellect et l'intelligence... Tant que vous abordez l'existence avec votre seul intellect, au lieu d'y impliquer à fond votre intelligence, nul système au monde ne délivrera l'homme de l'éternel labeur de la quête du pain quotidien..."


"Dès qu'on observe un sentiment, il cesse d'exister...Dès l'instant où vous donnez un nom, où vous mettez une étiquette à ce sentiment, vous l'avez ramené dans le cadre de tout ce qui est vieux; et le vieux, c'est l'observateur, l'entité séparée, faite de mots, d'idées, d'opinions sur ce qui est juste ou faux... Mais si vous ne nommez pas ce sentiment, vous vous apercevrez qu'il n'y a plus d'observateur, de penseur, de centre à partir duquel vous jugez, et que vous n'êtes pas différent de ce sentiment. Ce "vous" qui ressent n'est plus".


"Si vous observez soigneusement votre pensée, vous verrez que, bien que ses réactions soient très rapides, il y a des trous, des arrêts entre une pensée et l'autre. entre deux pensées, il y a une période de silence, laquelle n'est pas reliée au processus de la pensée. Si vous l'examinez, vous verrez que cette période de silence, que cet intervalle, n'appartient pas au temps, et la découverte de cet intervalle, sa pleine perception, vous libère du conditionnement, il y a affranchissement du conditionnement..."


" La souffrance prend pour chacun de nous des formes différentes: elle peut être liée à une relation, à la mort de quelqu'un, à l'impossibilité de se réaliser qui mène au dépérissement et au néant, ou encore liée aux efforts pour réussir, devenir quelque chose, et qui se heurtent à l'échec total. Et il y a partout le problème de la souffrance sur le plan physique. Cete chose est partout, et la mort nous attend au tournant. Mais nous ne savons pas comment faire face à la souffrance, alors nous la vénérons, nous la rationalisons, ou nous essayons de la fuir... Ne serais-ce pas merveilleux, si, tandis que vous écoutez, en l'absence de tout sentiment ou émotion, vous pouviez réellement comprendre la souffrance et vous en libérer totalement ? Parce qu'il n'y aurait plus de mensonges envers soi-même ni d'illusions, d'angoisse ou de peur et l'esprit pourrait fonctionner avec clarté, acuité et logique. Peut- être saurions-nous alors ce qu'est l'amour."


"...Voir est une des choses les plus difficiles au monde : voir ou entendre, ces deux perceptions sont semblables. Si vos yeux sont aveuglés par vos soucis, vous ne pouvez pas voir la beauté d'un coucher de soleil. Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature. La civilisation nous concentre de plus en plus autour des grandes villes ; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l'eau..."


"La quête de la réalité exige une immense énergie ; et si l'homme ne s'investit pas dans cette quête, il dissipe son énergie dans des voies qui n'engendrent que le malheur, c'est pourquoi la société le met sous surveillance. La société façonne et contrôle l'individu...étouffant par là même cette énergie... Et, vous avez peut-être remarqué un autre fait tout simple et très intéressant, à savoir qu'il suffit qu'on ait vraiment envie de faire quelque chose pour en avoir l'énergie. Cette énergie devient elle même un agent de contrôle, vous n'avez donc plus besoin d'aucune discipline extérieure. Dans cette quête de la réalité, l'énergie crée sa propre discipline..."


"Nous sommes en conflit les uns avec les autres, et notre univers est en voie de destruction. Les crises, les guerres se succèdent; la famine et la misère règnent, avec d'un côté ceux qui sont immensément riches, drapés dans leur respectabilité, et de l'autre les pauvres. Ce qu'il faut pour résoudre ces problèmes, ce n'est ni un un nouveau système de pensée, ni une révolution économique : c'est en comprenant ce qui est _ le mécontentement _, en scrutant sans cesse au plus profond de ce qui est, que se déclenchera une révolution d'une portée beaucoup plus vaste que la révolution des idées. Et c'est cette révolution là qui est indispensable à l'avènement d'une autre culture, d'une autre religion, d'une autre relation d'homme à homme..."


Jaddhu Krishnamurti, extrait du livre de la méditation et de la vie...







Jaddhu Krishnamurti naquit dans une famille de Brahmanes dont le père était un fervent disciple de la société théosophique. Reconnu comme l'élu de cette société qui fut annoncé par madame Blavatsky en 1889, il fut installé à l'âge de 16 ans à la tête de l'Ordre International de l'Étoile d'Orient. Mais le jeune garçon, pour qui il n'y avait ni élu ni maître refusa son rôle au sein de la société théosophique. il rejeta toute sa vie le rôle de guru et créa plusieurs écoles à travers le monde, refusant toute forme d'autorité sur les disciples. Son enseignement avait pour but de rendre les hommes libres. Il voyagea beaucoup autour du globe pour enseigner sa pensée et laissa de nombreux volumes d'écrits sur sa philosophie...






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